"Haro sur le rat, histoire d'un chef-d'oeuvre abandonné"

 

Numa Hambursin

Le 7 avril 2019 à Cannes

 

        Il y a bien longtemps, j'ai contracté en Afrique une vilaine fièvre, en une forme imparfaite et sournoise, indécelable sur l'instant, mais dès lors implantée en sommeil dans mes tissus. Deux fois par an, je perçois les signes de son réveil inquiétant, un écho lointain dont je discerne les symptômes, l'engourdissement de mes membres qui se conjugue à l'incapacité de saisir les écarts de température de mon environnement. Je redoute cette apparition comme je l'espère. Le protocole est consigné désormais. Je rentre chez moi au plus vite, et ne veux être dérangé par quiconque pour quelque raison. Personne n'est autorisé à me voir, enfants, parents, amis, femmes. Je désire être seul et vivre seul ma descente infernale, qu'une présence même sincère affadirait par l'orgueil d'une décence nucléique. Un dernier verre avant la nuit, quand l'épuisement s'empare de mes muscles, un grog le plus souvent, un whisky s'il le faut. Le combat contre les démons se poursuit jusqu'à l'aube, réminiscences épouvantées, délires enfiévrés, Tentation de Saint-Antoine, visions spectrales, philosophies chimériques, parchemins en peaux de monstres où s'étreignent passé et futur en rut. Je me lève le corps endolori, comme au sortir d'un effort physique furieux, et pourtant miraculeusement reposé. Apaisé aussi, plus intelligent que la veille. Mes draps sont trempés de sueur, à croire qu'un orage a traversé la chambre.

 

Je crois de plus en plus que les meilleures préfaces sont celles qui ne contiennent qu'une seule idée. Nous suivons notre chemin, qui longe la rivière trop profonde, nous faisons une pause, ça et là, pour cueillir une plante aromatique ou jeter un caillou dans l'eau sombre, nous évitons les détours qui éloignent du bruit du courant. Trois mois que je n'arrive plus à écrire une ligne, et c'est à Jean-Philippe Roubaud d'en faire les frais. Est-ce ce travail cannois ? Est-ce l'absence de mes chers pins clapiérois ? Est-ce l'hiver qui, chaque année, contracte mes dernières cellules grises ? L'idée du texte, celle qui trace son chemin sur les bords de la rivière, refusait de me rejoindre. Hier, je me suis couché avant même le soleil, après une journée-couloir digne de l'administration territoriale. Aucun symptôme ne m'avait prévenu. Certes, ce ne fut pas une nuit dessinée par Füssli, mais je retrouvai certaines de mes apparitions. Un nom propre dominait mes songes, celui d'un joueur de rugby, sport que je ne regarde plus et qui ne m'intéresse plus. Bastareaud. Oublions le personnage, je ne sais rien de lui. Bastareaud. Bâtard. Basta. Haro sur le rat. Dans mon rêve, un rat aux yeux exorbités et injectés de sang s'avance vers moi. Il va se jeter sur ma gorge, il a les dents jaunes et décharnées, il salive un liquide opaque. Je suis paralysé, comme nous l'avons tous été dans un cauchemar, incapable de fuir, ou simplement de bouger. Il saute, ses griffes répugnantes en avant ; d'un geste implacable, je l'attrape à l'arrière du crâne, son poil sale et rêche, je l'étrangle, ses yeux toujours plus ardents sortent de leur orbite sous la pression, ses pattes convulsent, sa bave me coule sur les mains. Je me réveille. Le rat, c'est mon impuissance à écrire. L'idée du texte, la seule que je sois capable de suivre, c'est l'impuissance.

 

Tout a commencé par une journée ensoleillée de vernissage à la Villa Domergue. J'ai écrit là-dessus un paragraphe bouleversant dont je dois faire le deuil : mon ordinateur a planté, rien n'était enregistré – ce ne peut être un hasard – à l'exception de cette première phrase : « La vie est bien étrange » ne cessais-je de me répéter pour exorciser l'embarrassante séquence. Je découvrais alors mes nouvelles fonctions cannoises, cette demeure fantastique où je n'avais encore jamais mis les pieds, et l'exposition qu'il m'incombait en quelque sorte d'inaugurer. Avez-vous connu ces instants que l'on traverse à l'extérieur de soi, en portant un regard plein de mépris sur son propre personnage ? C'est dans la petite salle-à-manger, ornée de fresques charmantes – peut-être ce qu'il fit de mieux – réalisées par Domergue, que je découvris les dessins de Roubaud. Le sujet, comme il m'apparut avant examen, avait tout pour me plaire : une femme nue, de dos, les formes généreuses, tenant un poisson à l'épaule, pagre ou denti. Le caractère éminemment classique du dessin, pour ne pas dire léché, me repoussa d'instinct, en digne représentant de l'art contemporain international. Le beau métierest douteux quand on ne connait pas son auteur. La distance que nous instaurons avec une figuration bien faiteest mécanique, presque innée, tant nous avons appris à nous en méfier. On me présenta l'artiste, mais sans lui dire qui j'étais. Il marmonna poliment et s'éloigna, happé ailleurs. Puis il revint, sans doute mieux informé, et m'expliqua par le menu les ressorts conceptuels de son travail, sans me convaincre pleinement. Qu'importe, ses dessins m'avaient amadoué et commençaient à me plaire. Je retiens de cette journée la subtilité avec laquelle Jean-Philippe parvint à m'épauler dans ce moment délicat. Il y a une qualité que l'on ne souligne jamais assez chez les artistes qui réussissent : leur intelligence. 

 

 

Diplômé de la Villa Arson, à Nice, Roubaud est un vrai azuréen, né à Cannes, vivant au Cannet. Pendant près de dix ans, de 2006 à 2015, il évolue dans le cadre d'un duo artistique avec Cynthia Lemesle. Ils obtiennent ensemble un large succès d'estime pour leurs travaux à quatre mains. Cette pratique, qui permet sans doute d'éviter les écueils de la création solitaire, n'est pas sans risque. Que faire si le couple symbolique divorce ? Que serait devenu Gilbert sans George ? Il y a trois ans, si peu, Jean-Philippe Roubaud est reparti de zéro, ou presque, comme un jeune artiste débutant. Cela ne manque ni de panache, ni de bêtise. J'ai essayé de l'interroger sur cette décision qui ressemble à l'abîme. Mais il reste évasif, comme sa biographie, un trou noir de dix ans au cœur des années décisives. J'aime bien cette fêlure. J'aime les parcours titubants. Roubaud engage une course contre le temps dans une arène où la flânerie est interdite, où les paliers doivent être franchis à intervalles incompressibles. C'est l'occasion de me livrer à une pratique interdite au critique : la divination. Roubaud parviendra-t-il à une reconnaissance de son travail à un niveau national ? Je l'espère, mais il faudra se battre pour s'extraire de la glu des Alpes-Maritimes. Une intuition me taraude, qui ne s'appuie que sur elle-même. J'imagine Jean-Philippe Roubaud créant, dans quelques décennies, arrière-grand-père, une œuvre merveilleuse, allons-y !, un chef-d'oeuvre. Un dessin ? Une fresque ? Un chef-d'oeuvre seul, peut-être inconnu, caché au public, attaché aux voûtes d'un vieux château ou d'une église oubliée, comme les peintures du Maître d'Elmelunde sur l'île de Møn ? Ce n'est pas beaucoup, à nos yeux contemporains, et c'est immense. Il faudra une opportunité, celle qui n'arrive au mieux qu'une fois, le destin, il faudra se départir des chaînes, il faudra accepter de ne pas jouir du fruit du triomphe, il faudra être génial et tout perdre pour des guenilles, il faudra mourir malheureux. Un chef-d'oeuvre abandonné, quelle chance...

 

 

Les dessins de Roubaud parviennent à une forme de miracle hollandais : ils peuvent plaire aux amateurs d'art les plus réactionnaires sans détourner définitivement les partisans d'un art contemporain radical. Pour les uns, la beauté exquise du trait, pour les autres, un dispositif en trompe-l'oeil gorgé de signifiants et de concepts qu'il exprime par ailleurs. Ce numéro d'équilibriste est un tour de force qui va bien au-delà de la posture. Si toutes les séries ne parviennent à me convaincre – je suis peu sensible aux assiettes brisées, souvenirs de voyages ou portraits de dictateurs, ainsi qu'aux grands papiers roulés devenant palissades, colonnes et installations – les dessins érotiques, les polaroids et surtout les paysages inspirés des imageries du passé me laissent parfois sans voix. Prenez ce grand dessin qui se déploie à la manière des cartons pour tapisserie de Goya, destinés à la chambre à coucher de l'infant du Prince des Asturies. Oubliez son titre en clin d'oeil arty, Limitation du paysage, oubliez les tissus bouffants du premier plan, oubliez les bandes à la Buren et le discours qui les accompagne, oubliez son vis-à-vis dans l'exposition, tout en noir, oubliez les bienséances de l'art contemporain. Regardez la majesté de ces collines, l'élégance de ces arbres aux formes fantastiques, ces voiliers à peine esquissés qui croisent dans la anse, admirez ce désert terrestre et allégorique, sentez la présence de Grünewald et de Patinir, un souffle davantage qu'un empire. Il faut être un sacré artiste pour faire un truc pareil. Imaginez maintenant cette même œuvre sans les artifices, un soir, nue et contemporaine, quand elle aura trouvé son sujet. Certains écrivains le cherchent toute leur vie, certains critiques aussi, apparemment. Parfois la rencontre a lieu, et l'histoire s'écrit : The Road, Cormac McCarthy.

Un jour, Jean-Philippe Roubaud trouvera son sujet, et nous aurons un chef-d'oeuvre. C'est là sa malédiction.

 

 

 

 

PS : Ce texte terminé, je constate que l'un de mes collaborateurs porte un polo de rugby. Il est écrit dans son dos Mathieu Bastareaud.

Numa Hambursin est auteur, critique d'art et commissaire d'exposition français spécialisé dans l'art contemporain.

Directeur artistique du Carré Sainte-Anne de Montpellier de 2010 à 2017, un lieu consacré aux expositions d'art contemporain.En 2012, il est nommé directeur artistique de l'espace Dominique Bagouet à Montpellier, consacré à l'art régional du XIXe siècle à nos jours. En 2014, il est nommé co-directeur du projet pour le futur musée de Montpellier. Après une démission remarquée en 2017, il se consacre la création d'une nouvelle fondation d'art contemporain privée à Montpellier :  la Fondation HelenisGGL. En 2018, Il est nommé directeur du nouveau Pôle Art Moderne et Contemporain de la Ville de Cannes.

En 2016, il publie Journal d'un curateur de campagne, un recueil de ses textes critiques, qui évoque les enjeux et les difficultés de l'art contemporain en région.

En 2018, il est Lauréat du Prix AICA France de la critique d'art pour sa présentation de l’oeuvre de Marlène Mocquet.

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That BastardRat, the Story of an Abandoned Masterpiece

 

A long, long time ago, in Africa, I contracted a nasty disease in a form that was insidious but not full-blown. Undetectable at the time, from then on it has lain dormant in my tissues. Twice a year, I can feel the worrying signs of its troubling awakening, the distant echo of symptoms I recognise: my limbs grow numb as I become unable to detect temperature variations in my surroundings. I both dread and hope that it will appear. Now, there’s an established protocol. I go home as quickly as possible and insist on not being disturbed by anyone for any reason whatsoever. No one is allowed to see me - not children, parents, friends, women. I wish to be alone and to experience alone my descent into hell, which would be diluted if anyone were with me, however sincere, by the vanity of behaving decently within the nuclear unit. A final drink before the night begins when exhaustion takes hold of my muscles: usually a hot toddy, but if necessary a whisky. The struggle between the demons - terror-stricken recollections, fevered delirium, the Temptation of Saint Anthony, ghostly visions, chimerical philosophies and monster skin parchments – carries on until dawn with past and future on heat and locked in a furious embrace. I get up, my body aches, as if it had just gone through extreme physical exertion - yet miraculously it feels rested. Also calmer and more intelligent than the day before. My sheets are so soaked with sweat, anyone would think a storm had swept through the bedroom.

 

Increasingly, I believe that the best prefaces are those which contain a single idea. We follow our path which runs alongside a river that runs too deep; here and there we stop to pick aromatic herbs or throw a stone into the murky water, avoiding any detours that might take us far from the sound of the flowing water. I haven’t managed to write a single line for three months - and Jean-Philippe Roubaud is the one to pay the price. Is it the work in Cannes? Am I missing my beloved Clapiers pine trees? Has winter shrivelled up my last remaining grey cells as happens each year? The idea for this text, this idea that was winding its way along the river bank has refused to come and find me. Yesterday, I went to bed even before the sun set, after a day bogged down in typical local authority administration. I had had no warning of any of my symptoms. Admittedly, the night wasn’t quite a Füssli drawing, but I did encounter some of my apparitions. A name kept on coming up in my dreams, the name of a rugby player, a sport I no longer watch and in which I no longer take any interest. Bastareaud. Let’s forget about this character, I know nothing about him. Bastareaud. Bastard. Basta. Arrow that rat[1]. In my dream, a rat with bulging, bloodshot eyes was coming at me. It was about to seize my throat; it had protruding, yellow teeth and was salivating an opaque liquid. I was paralysed, as we’ve all been during a nightmare, incapable of fleeing or even moving. The rat leapt up, brandishing its loathsome claws; with a merciless swipe I grabbed the back of its skull, its coat was rough and dirty and I strangled it. Its eyes, ever more ablaze, were popping out of their sockets under the pressure, its paws were convulsing, its slaver was running down my hands. I woke up. The rat was my inability to write. The idea for the text - the only one I’m capable of pursuing - is inability.

 

It had all started on a sunny exhibition preview day at the Villa Domergue. I wrote a really moving paragraph about this to which I’ve had to kiss goodbye: my computer packed up and nothing was saved – this cannot be mere chance – except for this first sentence: “Life is really odd”which I couldn’t stop repeating to myself in order to exorcise the embarrassing sequence of events. Back then I was getting to grips with my new position in Cannes, visiting this villa for the first time and this exhibition which I was sort of meant to officially open. Have you ever experienced those moments when you’re outside your body and looking down at yourself with utter contempt? It was in the small dining room, decorated with charming frescoes painted by Domergue – his best work perhaps – that I came across Roubaud’s drawings. The subject, so it seemed before closer examination, was right up my street: a naked woman, seen from behind, generously shaped, holding a fish on her shoulder, a pagrus or a dentex. As a worthy representative of international contemporary art, I was instinctively put off by the drawing’s eminently classical, not to say slick, character. When you don’t know the creator, the fine profession[M1] is suspect. We have learnt to be suspicious to such an extent of well-executed[M2] figurative art that we distance ourselves from it mechanically, almost innately. The artist was introduced to me, but without anyone telling him who I was. He muttered politely and went off, he was needed elsewhere. He then came back, no doubt better informed, and explained to me in minute detail the conceptual processes behind his work, without managing to fully convince me. It didn’t matter, his drawings had won me over and I was starting to like them. What I took away from this day was the sensitivity with which Jean-Philippe managed to give me support at that delicate moment. Successful artists have one quality which is never sufficiently emphasized: their intelligence. 

 

 

A graduate of the Villa Arson in Nice, Roubaud is French Rivera born and bred (Cannes) and he lives in Le Cannet. For almost ten years, from 2006 to 2015, he developed his art as part of a duo with Cynthia Lemesle. They achieved wide recognition for the art they produced together with their four hands. This practice, which no doubt helps avoid the pitfalls of solitary creativity, is not without risk. What happens if the symbolic couple gets divorced? What would Gilbert have become without George? Three years ago, so very recently, Jean-Philippe Roubaud started again from scratch, well almost, like a young fledgling artist; which shows no shortage of panache or stupidity. I tried questioning him about this decision which seems like taking a step into the abyss. However, he remained evasive, just like his biography: a ten-year black hole in the midst of these decisive years. I really like this fracture. I like careers that stumble through twists and turns. Roubaud has set out on a race against the clock, in an arena where no dawdling is allowed, where milestones must be achieved at prescribed intervals and no sooner. Here’s an opportunity for me to indulge in a practice off-limits to critics: prophecy. Will Roubaud manage to achieve national recognition for his work? I hope so, but he’ll have a struggle to extricate himself from his corner of France - the Maritime Alps. I have a gut feeling, based on nothing else but this feeling, and it’s nagging away at me. In a few decades time, I can see Jean-Philippe Roubaud, a great-grandfather, creating a magnificent work and why not just say it - a masterpiece! A drawing? A fresco? A single masterpiece, unknown perhaps, hidden away from the general public, covering the vaulted ceiling of an old château or forgotten church - like the paintings of the Elmelunde Master on the Ile de Møn? To our contemporary eyes, this isn’t much, and yet it’s immense. An opportunity will have to present itself, the sort of opportunity that at most occurs only once, destiny, he’ll have to thrown off the chains, he’ll have to accept that he’ll never taste the fruits of his triumph, he’ll need to be a genius and lose everything for some old rags and he’ll have to die unhappy. An abandoned masterpiece, what great fortune...

 

Roubaud’s drawings achieve a kind of Dutch miracle: they manage to appeal to the most reactionary art lovers without deterring supporters of radical contemporary art for good. For the one group, there’s the exquisite beauty of his drawing; for the other, a trompe-l'oeil device packed with signifiers and concepts to which he also gives expression. This balancing act is a tour de forcewhich goes far beyond posture. Although I wasn’t won over by all his series – I don’t much care for the broken plates, travel souvenirs, portraits of dictators or the large rolled up sheets that turn into fences, columns and installations – I was at times left speechless by his erotic drawings, his Polaroids and in particular his landscapes inspired by imagery from the past. Take this large drawing which unfolds like Goya’s tapestry cartoons for the Prince of Asturias’ bedchamber. Forget the title with its arty-farty allusion: Limitation du Paysage, forget the billowing fabric in the foreground, forget the Buren-style stripes and narrative that goes with it, forget the total black on the opposite wall in the exhibition, forget the seemliness of contemporary art. Look at the majesty of these hills, the elegance of these fantastically shaped trees, the barely outlined sailing boats that cross paths in the cove, admire this allegorical, earthly desert - and feel the presence of Grünewald and Patinir, a gentle hint but not too overpowering[M3] . To create this sort of thing, you have to be one hell of an artist. Now imagine this same work without the artifice - an evening here and now, stripped bare - once it has found its subject. Some writers search for this their whole life, certain critics too, so it seems. Sometimes the encounter does take place, and the story is written: The Road, Cormac McCarthy.

One day, Jean-Philippe Roubaud will find his subject and we shall have a masterpiece. And this is his curse.

 

 

 

Numa Hambursin

7 April 2019, Cannes

 

PS: Once I had finished writing this, I noticed that one of my colleagues was wearing a rugby shirt. Written on the back was Mathieu Bastareaud.

 

[1]The translator’s worst nightmare:  a source language pun with no target language equivalent that also uses a real person’s name making it impossible to change it or omit it. After a sleepless night, the solution finally appeared: an explanatory footnote: Bast-areaud: “areaud” sounds exactly like the French word “haro” (and the English word arrow) and occurs in the expression “haro sur…” literally “death to / down with etc”. Bastareaud. Bastard. Basta. Arrow (Death to) the rat.

 [M1]Beau metier – c’es t pas un terme specifique au monde d’art ?

 [M2]On laisse en italique

 [M3]Finalement je pense avoir compris qu’il veut dire qu’il y a un peu de Gruenwald et Patinir sans qu’ils prennent tout l’empire ?